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L'Ouganda veut adopter la peine de mort pour les gays séropositifs !
posté le 02/12/2009 à 10:20
La loi que se propose d’adopter le gouvernement Ougandais aboutirait à l’emprisonnement à vie, voire à l’exécution des homosexuels et des lesbiennes.
La loi anti-homosexualité de 2009 est en passe d’être adoptée par le Gouvernement Ougand...
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La loi anti-homosexualité de 2009 est en passe d’être adoptée par le Gouvernement Ougandais ; selon la clause 2, une personne accusée d’homosexualité est passible d’emprisonnement à vie, mais si elle est également VIH séropositive, il s’agit alors d’homosexualité aggravée et la sentence encourue est la peine de mort.
La loi envisage également une sanction de trois années d’emprisonnement pour quiconque ne rapporterait pas à la connaissance de la police dans les vingt quatre heures, l’homosexualité d’une personne et une sanction de sept années d’emprisonnement pour toute personne impliquée dans la défense des droits des gays et des lesbiennes.
Gordon Brown et Stephen Harper, le premier Ministre Canadien ont réagi en marge du sommet du Commonwealth, en affirmant que cette législation était inacceptable.
Nous sommes loin en effet de l’application des principes de Yogyakarta que nous réclamons vigoureusement depuis quelques années, il s’agit dans ce cas, de sauver la vie de nombreux gays et lesbiennes ougandais, séropositifs ou non.
Une mobilisation des ONG et des états s’impose de toute urgence, nous en appelons au Quai d’Orsay et au gouvernement Français pour qu’il intervienne afin que le gouvernement Ougandais retire cette loi qui fait grossièrement fi des Droits Humains fondamentaux.
Christine Le Doaré
Présidente Centre LGBT Paris IdF
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Afrique et VIH
« Oui à l’action et à la mobilisation ! »
« Oui à l’action et à la mobilisation ! »
posté le 03/12/2009 à 03:45
jeudi 26 novembre 2009Yves Yomb, coordinateur de prévention à Alternatives Cameroun (IST, VIH/sida en direction des MSM) à Douala
Sida Info Service : A quand remonte la création d’Alternatives Cameroun ?
Yves Yomb : L...
Lire la suite >>>jeudi 26 novembre 2009
Yves Yomb, coordinateur de prévention à Alternatives Cameroun (IST, VIH/sida en direction des MSM) à Douala
Sida Info Service : A quand remonte la création d’Alternatives Cameroun ?
Yves Yomb : L’association a été officiellement créée en 2006 à la suite de la publication de listes de personnalités présumées homosexuelles dans des journaux camerounais. En fait elle fonctionnait officieusement depuis un an.
SIS : Votre association est très active pour défendre les droits des MSM (Men who have sex with men), ceux qui ne se reconnaissent pas comme homosexuels. Après trois ou quatre ans de travail, identifiez-vous des évolutions, des points positifs ?
YY : Sans pouvoir dire que nous roulons sur l’or et que tout va bien, quelques points positifs émergent cependant. Les autorités camerounaises savent que nous existons et nous laissent mener à bien nos activités. Cela ne va pas plus loin. En revanche, la société civile évolue, montre un regain d’intérêt envers la thématique MSM et commence à vouloir l’intégrer. Depuis quelque temps, nous sommes régulièrement invités à animer des formations et à nous unir à des partenaires locaux pour mener certaines actions conjointes. Cette évolution nous réconforte car nous avons besoin de partenaires pour appuyer nos revendications et mener un plaidoyer. Quatre ans après la création d’Alternatives Cameroun, ce frémissement montre que nous sommes sur la bonne voie.
SIS : Y a-t-il une différence de perception des autorités entre la lutte contre le sida dans la population « générale » d’une part et la lutte contre le sida dans les communautés MSM d’autre part ?
YY : L’homosexualité est fortement bisexualisée en Afrique. Du fait de la tradition, de la religion, de la culture, très peu d’hommes se déclarent homosexuels à 100 %. Ils sont obligés d’aller avec les hommes et avec les femmes. Ce qui me donne un peu d’espoir pour améliorer la situation des MSM, c’est que les autorités sont sensibles à cette notion de bisexualité. Si le sida ne concernait que les gays du Cameroun et plus globalement les gays d’Afrique, je suis sûr que les gouvernements diraient : « Si au moins le sida pouvait les tuer ! ». Mais comme le sida peut se répercuter dans toute la population, la perception est différente. L’idée qu’un homme puisse se contaminer avec un homme, ramener le virus dans son foyer et le transmettre à sa femme crée le trouble. Mettre en avant cette bisexualité, montrer les liens qui peuvent exister entre le côté homosexuel et le côté bisexuel, permet de prendre un peu de recul. Les gens se disent : « Ah oui, il faut quand même qu’on commence à regarder de ce côté. ». C’est cet argumentaire que nous développons chaque fois que nous avons l’occasion de nous entretenir avec des responsables, qu’ils soient issus de la société civile ou qu’ils disposent d’un pouvoir de décision politique. C’est d’autant plus important que nous avons besoin d’arguments pour faire avancer les choses.
SIS : En dehors du Cameroun, d’autres pays africains s’engagent-ils dans la prise en compte des MSM ?
YY : Alternatives Cameroun a surtout des liens avec l’Afrique francophone. Les progrès existent même si nous avons parfois des déceptions. Quand nous avons commencé à nous rassembler pour travailler sur la question des MSM en Afrique, nous avions pour modèle le Sénégal, un pays qui avait pris en compte cette thématique. Il y existait des politiques de prévention et la prise en charge de ces populations était effective. Puis, des arrestations d’homosexuels se sont produites après la 15ème Conférence Internationale sur le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles en Afrique (ICASA) en décembre2008. Du coup le modèle sénégalais est tombé de son piédestal.
SIS : D’autres pays ont-ils pris le relais ?
YY : En effet, d’autres pays commencent à s’intéresser aux MSM et à mener des actions concrètes, la Côte d’Ivoire par exemple. J’étais à Abidjan il y a quelques mois et j’ai été émerveillé par ce qui se fait au niveau de la prise en charge des MSM. Ce n’est pas suffisant mais les progrès sont incontestables. Les bailleurs de fonds internationaux comme le PEPFAR qui financent les autorités ivoiriennes sur la question du VIH m’ont parlé de l’exigence qu’ils avaient eue auprès des autorités ivoiriennes pour intégrer la thématique des MSM. Eh bien Abidjan n’a posé aucune difficulté pour intégrer cette thématique. Arc-en-ciel+, une association identitaire avec laquelle Alternatives Cameroun est en relation, est sollicitée pour mener des actions, des enquêtes et bien d’autres activités qui concernent les MSM. C’est un très grand progrès que nous ne connaissions pas il y a quelques années.
SIS : Compte tenu des baisses de budgets actuelles, ne craignez-vous pas un retour en arrière ?
YY : S’il n’y a plus d’argent issu des instances internationales, nous craignons bien sûr un retour en arrière. Au Cameroun, les autorités nous laissent agir mais ne financent aucun projet. Nous sommes actuellement dans le tiroir d’un bureau. Le dossier MSM est peut-être au milieu du tiroir et il ira peut-être dans le fond du tiroir si nous perdons l’aide financière internationale. Si les pays riches ne respectent par leurs promesses, on court à la catastrophe, on court à l’oubli.
SIS : Que comptez-vous faire pour sensibiliser les bailleurs de fonds ?
YY : Oui à l’action et à la mobilisation ! D’abord nous sommes signataires de l’appel Remind The Gap qui a pour but d’appeler les dirigeants des pays les plus riches à augmenter d’urgence leur contribution au Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dont les besoins d’ici 2010 sont estimés à au moins 5 milliards de dollars US supplémentaires. Nous avons signé de nombreux communiqués et nous menons des actions conjointes avec d’autres associations. On espère que ce plaidoyer aboutira car ce serait une vraie catastrophe pour l’Afrique. Ce le serait pour les hétérosexuels africains qui sont pris en compte mais ce serait encore pire pour tous les groupes minoritaires qui sont délaissés.
Propos recueillis par Alain Miguet pour Sida Info Service
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